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Soutenance de thèse de Gustavo Velastegui

26 novembre 2026
13h30 - 16h30

Cnam, 2 rue Conté, 75003 Paris

Salle 33.3.20


Soutenance de thèse pour l'obtention d'un doctorat en Sciences humaines et humanités nouvelles - spécialité : Sciences de l'Education, travail social, Formation et intervention sociale

« La recherche-action participative en formation d'adultes pour la transformation sociale »

sous la direction de Monsieur Emmanuel Jovelin

Jury

  • M. Emmanuel JOVELIN, Professeur émérite, Cnam  : Directeur
  • M. Laurent COURTOIS, Professeur, Cnam : Président
  • M. Stéphane RULLAC, Professeur, HELT, Suisse : Rapporteur
  • M. Kheira BELHADJ, Professeur, Université de Lorraine : Rapporteur
  • Mme Hakima MOUNIR, Maître de conférences HDR, UPEC : Examinatrice
  • Mme Emilie DUVIVIER, Maitre de conférences, Université catholique de Lille : Examinatrice

Résumé de thèse

Le document retrace près de cinquante années d’expérience professionnelle, militante et universitaire dans les domaines de la formation des adultes, du travail social, du développement communautaire et de l’économie sociale et solidaire. Conçu dans le cadre d’une validation des acquis de l’expérience doctorale, il transforme ce parcours en objet de réflexion scientifique. Son idée centrale est que l’action, la formation, la recherche et l’engagement social ne constituent pas des activités séparées, mais les dimensions complémentaires d’un même processus de transformation sociale.

La recherche-action participative constitue le fil conducteur de cette trajectoire. Elle consiste à produire des connaissances à partir de l’action et avec les personnes concernées. Les populations, les professionnels et les acteurs locaux ne sont donc pas de simples objets d’étude : ils participent à l’analyse des problèmes et à la construction des solutions. Cette démarche mobilise plusieurs méthodes, notamment l’observation participante, les entretiens, l’intervention sociologique, la sociologie clinique et la psychologie sociale. Elle permet de dépasser l’opposition entre théorie et pratique et de faire de l’expérience une source de connaissances scientifiques.

Le parcours débute en Équateur dans le développement communautaire, le coopérativisme et la formation des adultes. L’auteur y acquiert une conception participative de la pédagogie : l’adulte possède déjà des savoirs issus de son expérience et doit être acteur de sa formation. Cette orientation se prolonge en France dans le travail social, auprès de jeunes en situation de vulnérabilité, puis dans la formation des travailleurs sociaux. Les recherches sur la délinquance juvénile montrent notamment que la réinsertion repose moins sur la seule sanction que sur l’accompagnement, la formation, le travail et la responsabilisation.

Au sein de l’École Européenne Supérieure en Travail Social et de l’IFAR, l’auteur exerce des responsabilités de formation et de direction. Il développe des innovations pédagogiques telles que la préformation aux métiers du social, la formation des cadres, la délocalisation des enseignements et la reconnaissance des acquis professionnels. Ces dispositifs visent à rapprocher les formations des territoires, à favoriser l’égalité des chances et à adapter les contenus aux besoins des populations. Les publications, les revues, les rapports et les communications prolongent cette action en transformant les expériences de terrain en connaissances partageables.

La dimension internationale du parcours, en Europe, en Afrique et en Amérique latine, confirme qu’un modèle de formation ne peut être transféré mécaniquement d’un pays à un autre. Les méthodes doivent être adaptées aux réalités sociales, culturelles, économiques et institutionnelles locales. Le retour en Équateur, à partir de 2009, permet de réinvestir l’expérience acquise dans l’enseignement universitaire et dans la création de formations en travail social. Face à la violence, à la criminalité, au trafic de drogues et à l’exclusion, l’auteur défend le développement de professions sociales qualifiées et de politiques privilégiant la prévention, l’accompagnement et la protection sociale plutôt que la seule répression.

En définitive, le document défend une conception engagée des sciences sociales. La recherche est utile lorsqu’elle reste liée au terrain, la formation devient émancipatrice lorsqu’elle valorise l’expérience des adultes, et l’intervention sociale est transformatrice lorsqu’elle agit aussi sur les causes des difficultés. La recherche-action participative apparaît ainsi à la fois comme une méthode scientifique, une pratique professionnelle et une posture sociale fondée sur la coopération, la réflexion critique et la production collective de connaissances.

Mots-clés : formation, éducation sociale, intervention sociale, recherche-action participative, éducation populaire, formation d’adultes, transformation sociale, politiques sociales.