Soutenance de thèse pour l'obtention d'un doctorat en Sciences humaines et humanités nouvelles - spécialité Architecture
"L’éthique du care comme prisme de lecture de l’architecture, une question de réciprocité. Interpellation de la pensée de Joan Tronto à partir des pratiques d’André Bruyère et de l’Atelier Kroll"
sous la direction de Madame Cynthia Fleury-Perkins & Madame Antonella Tufano
M. Yankel FIJALKOW, Professeur HDR de classe exceptionnelle, CRH, UMR Lavue, ENSAPVS : Rapporteur
Mme Fabienne BRUGÈRE, Professeure HDR de classe exceptionnelle,LLCP, Université Paris 8 : Examinatrice
M. Pierre CAYE, Directeur de recherche, CNRS, ENS : Examinateur
Mme Chris YOUNES, Professeure HDR, GERPHAU, ESA : Invitée
Résumé de thèse
Si la diffusion du concept de care depuis #Metoo a enrichi les réflexions architecturales, son usage éclectique en fait une notion imprécise. Pourtant utile à qualifier les efforts et les tentatives d’une époque architecturale tiraillée entre les enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires et économiques, le care n’a pas complété sa transcription architecturale. Pour rendre ce prisme de lecture opérant, il faut en définir les critères.
Cette thèse adopte un angle peu exploré : le rôle spécifique des architectes et la réciprocité comme prisme d’analyse. À partir du texte « Caring Architecture » de Joan Tronto, puis des démarches d’André Bruyère et de l’Atelier Kroll, la recherche construit un outil d’évaluation, éprouvé sur des études de cas postmodernes.
Il en ressort une trame multifactorielle qui situe les démarches selon leur degré de réciprocité. En faisant place à sa part de singularité et de vulnérabilité, chaque architecte laisse une opportunité pour le care d’advenir, à travers quatre dimensions : l’enquête, le positionnement, les actes professionnels et la réflexivité. Ce travail propose une version architecturale du care comme pratique réciproque fondée sur l’attention, la responsabilité, l’application et la souplesse de l’architecte.