Disparition de Jean-Marie Barbier
27 janvier 202627 janvier 2027
Nous avons appris la disparition de Jean-Marie Barbier, professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), survenue le 14 janvier dernier. Il laisse derrière lui une œuvre dense, prolifique et fondatrice pour les sciences de l’éducation et de la formation, et plus largement pour la recherche en sciences humaines et sociales.
Titulaire d’une licence de philosophie de l’université de Nancy en 1968, puis d’une maîtrise de sociologie en 1970, il obtient en 1973 un diplôme de formation à la recherche en sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), où il suit notamment les enseignements de Pierre Bourdieu, Luc Boltanski et Maurice Godelier. En 1978, il soutient une thèse de troisième cycle en Sociologie à l’université Paris 5. Il obtiendra également une thèse de doctorat d’État en Sciences de l’éducation à l’université de Caen en 1985, sous la direction de Gaston Mialaret.
En 1986, il entre au Cnam où il mènera l’essentielle de sa carrière universitaire. Professeur des universités, directeur de recherche, il créé dès son arrivé le Centre de recherche sur la formation des adultes, laboratoire français considéré par les agences d’évaluation de l’enseignement supérieur comme le leader dans la spécialité formation et professionnalisation. Son engagement au sein de l’institution se traduira par ses nombreuses actions et participations : vice-président du Conseil scientifique, membre puis vice-président du Conseil d’administration, co-fondateur de l’École doctorale de site, président du Conseil des études… Enfin, en 2015, il créera le doctorat de Formation des adultes du Cnam, qu’il dirigera.
Jean-Marie Barbier sera par ailleurs membre du Conseil d’administration de l’Institut national de recherche pédagogique, président du Conseil scientifique de l’École nationale de la santé publique et enfin président de la 70ème section du Conseil national des universités (CNU) pour les Sciences de l’éducation et de la formation de 2007 à 2011. Il a cofondé, avec Pierre Caspar, un Master européen de recherche avec les universités de Genève et de Louvain-la-Neuve. Il a aussi été à l’origine de la création du Congrès international de la recherche en éducation et formation, de la Biennale de l’éducation et de la formation, et du Réseau international francophone de recherche en éducation et formation.
En 2006, il obtient le titre de docteur honoris causa de l’université de Louvain, et en 2014 il est nommé responsable de la chaire Unesco-Cnam Formation et pratiques professionnelles, ainsi que sur la chaire Lévi-Strauss à l’université de São Paulo.
À l’intersection de plusieurs disciplines (philosophie, sociologie, économie, histoire, sciences de l’éducation), son parcours académique l’a conduit à élaborer une œuvre originale, particulièrement structurante pour la discipline et pour la vie des idées dans les milieux de la recherche et des pratiques professionnelles. Ses apports fondateurs ont marqué en profondeur la recherche du domaine et, d’une façon générale, les démarches scientifiques prenant pour objet d’étude les activités humaines en situation de travail et de formation.
Jean-Marie Barbier était en somme un « bâtisseur ». La prochaine Biennale internationale de l’éducation, de la formation et des pratiques professionnelles qui se tiendra en avril 2026 sera une occasion pour la communauté de lui rendre hommage.