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Soutenance de thèse de Noémie DUDZINSKI

19 juin 2026
14h - 17h

Institut Agro Dijon, 26 Boulevard du docteur Petit jean, 21079 DIJON
Salle B


Soutenance de thèse pour l'obtention du diplôme de Doctorat de Sciences de l'éducation - spécialité Sciences de l'éducation

Afest en usages, réconcilier formation et travail ?

sous la direction de Madame Viviane FOLCHER

Jury

  • Mme Viviane FOLCHER, Professeure des Universités, Institut Agro Dijon : Directrice
  • Mme Anne-Lise ULMANN, Maitresse de Conférences-HDR, CNAM : Rapporteure
  • Mme Solange CARTAUT, Professeure des Universités, INSPE académie de Nice : Rapporteure
  • M. Fabien COUTAREL, Professeur des Universités, Université Clermont Auvergne : Examinateur

Résumé de thèse

Cette thèse explore l’Action de formation en situation de travail (Afest), introduite en France en 2018 pour encadrer le développement des compétences en contexte professionnel. Bien que structurée autour de quatre conditions légales, l’Afest n’apporte pas de modèle opératoire, ce qui génère des défis. Si elle renforce les apprentissages, elle déstabilise les acteurs (formateurs, managers, salariés) en raison du changement de paradigme qu’elle impose. La littérature identifie notamment comme difficultés : l’absence d’acculturation des acteurs de la formation et de l’entreprise, à l’analyse du travail ; la difficulté à articuler enjeux de formation et enjeux de production ; ou encore le flou résidant autour de la notion d’Afest, du fait de la diversité des discours et des pratiques. Pour répondre à ces enjeux, cette recherche propose de considérer l’Afest comme un projet d’entreprise, nécessitant une conception collaborative et un référencement aux usages. Elle s’appuie sur deux approches : d’une part, l’Afest en tant que conduite de projet de conception favorisant 1/ les interactions entre concepteurs ; 2/ la production d’objets intermédiaires ; 3/ la confrontation des projections et des avancées du projet avec les contraintes réelles de la situation, dans une perspective de développement de l’action, des artefacts et des ressources des parties prenantes ; d’autre part, l’Afest comme démarche outillée, où les artefacts formatifs (supports de conception) sont identifiés comme médiateurs sociaux et cognitifs, les processus d’instrumentalisation et d’instrumentation témoignant de développements instrumentaux et humains. Cette thèse, menée dans le cadre d’une CIFRE avec l’Aract Hauts-de-France et le laboratoire FOAP porté par Agro Dijon, s’appuie sur l’expérimentation d’un cas unique de conduite de projet d’Afest (2022-2023) menée collaborativement au sein de trois Entreprises Adaptées. L’auteure, au double statut d’intervenante chercheuse, a analysé les processus de conception et de mise en œuvre de ce projet d’Afest, en se basant sur l’évolution des artefacts formatifs et des échanges menés durant des controverses entre parties prenantes. Un dispositif transitionnel d’apprentissage, attaché à une conduite de projet de conception pour et dans l’usage représentant une opportunité pour mener une Afest en articulant son volet transformatif et son volet formatif, les résultats sont discutés à l’aune de l’ambition d’autonomisation des acteurs portée par une Afest conçue comme un projet d’entreprise.

Abstract

This thesis explores the "Action de Formation en Situation de Travail" (Afest), introduced in France in 2018 to regulate competency development in professional contexts. While Afest is structured around four legal conditions, it does not provide an operational model, generating significant challenges. Although it enhances learning, Afest destabilizes stakeholders—trainers, managers, and employees—due to the paradigm shift it imposes. The literature highlights key difficulties: the lack of acculturation among training and enterprise stakeholders regarding work analysis ; the challenge of reconciling training objectives with production demands ; and the ambiguity surrounding the notion of Afest, given the diversity of discourses and practices. To address these issues, this research proposes considering Afest as an organizational project, requiring collaborative design and a focus on practical usage. The study adopts two complementary approaches: first, Afest as a design project, fostering interactions among designers, the production of intermediate objects, and the confrontation of projections and advancements with real-world constraints, aiming to develop action, artifacts, and stakeholder resources; second, Afest as a tool-mediated process, where formative artifacts (design supports) act as social and cognitive mediators, with instrumentalization and instrumentation processes reflecting both instrumental and human development. Conducted within a CIFRE doctoral program in collaboration with Aract Hauts-de-France and the FOAP laboratory (AgroSup Dijon), this research is based on a unique case study of Afest project management (2022–2023), implemented collaboratively in three Adapted Enterprises. As a practitioner-researcher, the author analyzed the design and implementation processes, focusing on the evolution of formative artifacts and exchanges during controversies among stakeholders. The findings introduce a transitional learning framework, linked to a usage-centered design project, as an opportunity to implement Afest by articulating its transformative and formative dimensions. The results are discussed in light of the ambition to empower stakeholders, as envisioned by Afest conceived as an organizational project.